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Comment mettre en œuvre l’économie circulaire à l’échelle d’une région ?

  • 2 janvier 2017

Quelles sont les ressources endogènes disponibles dans la région ? Quelles chaînes de valeur faut-il prioriser ? Quelles sont les voies de valorisation de la biomasse existantes et les enjeux qui y sont associés ?

Ces réflexions ont été menées par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) suite à l’adoption de la nouvelle loi française sur la transition énergétique. Après avoir établi une feuille de route de l’économie circulaire, la région est en train d’élaborer un plan régional de biomasse impliquant de nombreux acteurs ayant des intérêts politiques et industriels variés.

En France, ces réflexions ont été déclenchées suite à l’adoption de la loi sur la transition énergétique d’août 2015, qui prévoit que chaque région élabore un Schéma Régional Biomasse (SRB) d’ici 2017, qui fixe des orientations et des actions régionales concernant les filières de production et de valorisation de la biomasse susceptibles d’avoir un usage énergétique, en accord avec les principes d’économie circulaire.

Qu’est-ce que l’économie circulaire? Définition proposée par l’Institut de l’Economie Circulaire (IEC)

L’économie circulaire, en s’inspirant du fonctionnement des écosystèmes naturels, a pour objectif ultime de parvenir à découpler la croissance économique de l’épuisement des ressources naturelles par la création de produits, services, modèles d’affaires et politiques publiques innovants.

Ce modèle repose sur la création de boucles de valeur positives à chaque utilisation ou réutilisation de la matière ou du produit avant destruction finale. Il met notamment l’accent sur de nouveaux modes de conception, production et de consommation, le prolongement de la durée d’usage des produits, l’usage plutôt que la possession de biens, la réutilisation et le recyclage des composants.

 

Troisième région française par sa superficie (31 400 km²), possédant la plus grande étendue d’espaces naturels non urbanisés, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA) est constituée d’environ 20% de surfaces agricoles et de presque 50% de forêts-garrigues. Un diagnostic complet de l’économie circulaire en Région PACA mené en 2016 a permis de
 faire une analyse exhaustive de cinq chaînes de valeurs et de quantifier l’état actuel des ressources importées, extraites, consommées, et exportées de la région. Sur cette base, une feuille de route relative à la mise en place d’une stratégie régionale d’économie circulaire a été co-rédigée par Sofies.

La Région PACA poursuit maintenant les actions découlant de la feuille de route et est une des premières régions à réaliser son Schéma Régional Biomasse, qui sera finalisé en 2017 par un consortium dont Sofies est partenaire. Les premiers travaux permettent déjà de mettre en évidence certains enjeux liés aux usages possibles et à la concurrence entre les filières.

Par exemple, parmi les nombreuses voies de valorisation existantes, dont les biocarburants, le bois-énergie, la combustion, la méthanisation, les agro-matériaux et la chimie biosourcée, comment choisir la plus optimale?

Par exemple, selon la DREAL (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement, et du logement), la forêt de PACA est considérée comme sous-exploitée puisque seuls 600 000 m3, soit environ un cinquième de la production annuelle, sont actuellement utilisés pour l’industrie, le bois d’œuvre ou le chauffage (hors privés).

Ce gisement intéresse de nombreux acteurs :

  • deux gros projets industriels utilisant de la biomasse forestière pour fabriquer de l’électricité sont en cours,
  • les acteurs de la chimie biosourcée se tournent vers le pin d’Alep,
  • la demande en bois de chauffage accroit et la papeterie de Tarascon se fournit avec du bois local.

Comment exploiter au mieux et de façon durable ce gisement de bois ? Comment aiguiller les acteurs pour optimiser la valorisation de cette ressource ?

Pour que la région puisse donner des orientations, il est nécessaire qu’elle ait une vue d’ensemble des gisements disponibles, des avancées technologiques et de la volonté des acteurs et entrepreneurs. L’enjeu réside dans l’adoption d’une approche transversale favorisant le partage de connaissances et la collaboration.

 

Agnès de Souza et Benoît Charrière

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